Vous avez dit « changer » ?

Depuis quelques jours maintenant, j’entends ici et là qu’il faut changer notre manière de faire de la politique, qu’il faut changer les pratiques et renouveler les têtes, changer de génération.

Evidemment, je suis d’accord! C’est même l’une des bases de mon engagement. Oui mais voilà, cela fait maintenant près de 15 ans que je suis engagée en politique. Et force est de constater que peu de choses ont évolué, pis, que les choses ont même parfois régressé.

On ne peut pourtant pas se résigner.

Je me suis amusée avant le premier tour des régionales à faire une petite analyse des candidat.e.s. Sur 1908 candidat.e.s socialistes et apparenté.e.s, seul 141 avaient moins de 30 ans, 41 dans les 10 premiers de liste. Et si je ne me trompe pas, seuls 5 ou 6 candidat.e.s jeunes élu.e.s. Sur 1908 candidat.e.s, c’est quand même pas la joie…

Est-ce un problème générationnel ? Oui, pour une part. Mais je ne crois pas que ce ne soit que cela. D’abord, parce qu’une partie de ma génération (et je me mets parfois dedans) fait de la politique « à l’ancienne ». Non pas que nous aimions ça, mais parce que personne ne nous a appris à faire autrement. Et même si nous voulions essayer de faire différemment, les codes de nos partis sont tellement ancrés, qu’il nous serait impossible d’y arriver. Si une génération en pousse une autre pour « prendre la place », cela revient à reproduire encore et encore les mêmes castes politique que nous voulons toutes et tous bannir.

La réalité, c’est qu’il y a encore moins d’étudiants, d’ouvriers, d’artisans ou de commerçants sur les listes qu’il n’y a de jeunes. Et donc, oui, c’est vrai, les élu.e.s ne sont pas représentatif.ve.s de la société française.

Mais aujourd’hui, les partis non plus ne sont pas représentatifs. Et comme nous sommes dans une République, la Cinquième qui plus est, tout passe et passera par les partis. C’est le chien qui se mord la queue. Nous ne pouvons changer seul parce que nous ne sommes pas collectivement représentatifs, et nous ne pouvons l’être parce que, du coup, la plupart des gens ne rentreront pas dans nos partis par dégoût.

Tiens, parlons-en de ce dégoût. D’où vient-il finalement ? Je n’ai pas l’impression d’être entourée de militant.e.s ni d’élu.e.s dégueulasses qui ne pensent qu’à leur gueule moi. Et je ne crois pas être naïve en plus. Les personnes qui sont engagées autour de moi, de gauche souvent mais aussi à droite, sont des gens qui ont une vision de la société et qui se bougent pour essayer de la faire évoluer. Les médias surmédiatisent les « affaires » liées à la politique. Evidemment, il ne faut pas les éluder. Mais pourquoi ne pas, aussi, mettre en valeur le travail quotidien des élu.e.s  des 36000 communes, des 100 départements et des 13 régions ainsi que de nos parlementaires qui, pour l’immense majorité, prennent la quasi totalité de leur temps personnel pour essayer de nous améliorer la vie ?  Peut-être alors l’envie de s’engager pour changer la vie naitrait chez certains et certaines. La place des médias de masse a pris une part trop importante dans notre démocratie. J’en ferais s’en doute un autre article.

Il faut que nous trouvions des manières de nous dépasser et de donner envie aux gens de nous rejoindre partout, à tout âge et tout le temps.  Mais cela dépend aussi de l’envie de chacun de cesser de se résigner à se plaindre élection après élection au son du « tous pourris ». Pousser la porte d’un parti pour essayer de le faire évoluer, de dire ce que l’on pense, d’amener de nouvelles formes de militantisme, cela prend du temps, mais c’est comme ça que fonctionne notre démocratie. Chaque citoyen.ne a des droits, des devoirs et une responsabilité : celle de faire vivre la démocratie. Et pour cela, il faut cesser de laisser faire les autres, prendre sa vie et celle de la collectivité en main. Bref agir. Je pourrais même pousser un peu et dire que le gouvernement doit développer la possibilité d’engagement en réduisant la semaine de travail à 32h pour laisser le temps à chacun de s’investir  🙂 .

Notre démocratie et les partis qui l’animent et la composent changeront quand la société toute entière décidera que nous devons changer.  Le silence et l’abstention ne provoqueront pas le changement. L’abstention sera toujours analysée, jamais comprise. Engagez-vous, venez pousser  les partis politiques et leurs militant.e.s dans leurs retranchements, venez nous aider à dire que le cumul des mandats dans le temps n’est pas un « petit sujet qui n’intéresse personne, et il ne faut pas croire que les gens votent pour nous grâce à cela ». Bousculez-nous. Vite.

 

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